• Un peu d'humour !

    En ce dimanche ensoleillé, j'avais le goût de vous partager un moment de plaisir.

    J'aimerais avoir vos commentaires....   Yves

     

     

    Le trou dans la couche d’asphalte

    Boucar Diouf Humoriste, conteur biologiste et animateur, collaboration spéciale

    En avril, vas-y doucement pour ton automobile ; en mai, ça ne devrait pas s’améliorer. Telle est la devise printanière des routes de la Belle Province dont je veux parler dans ce billet plus d’humour que d’humeur.

    L’année passée, un ami français venu en visite avec ses deux enfants a fait l’expérience des routes de Montréal au printemps. Il est arrivé chez moi en gueulant comme un possédé que nos routes étaient parmi les pires du monde occidental ! « Je t’assure qu’à un moment donné, ça a frappé si fort que mes gosses ont percuté le toit du taxi qui nous a amenés ici », avait-il ajouté avant de poser ses bagages.

    J’ai laissé monsieur finir son monologue réducteur et culpabilisant avant de lui conseiller fortement d’utiliser le mot « gosse » avec parcimonie au Québec.

    Si tu dis à un vieux Gaspésien que tes gosses percutaient le toit du taxi, loin de consoler tes enfants pour les bobos sur la tête, il pensera plutôt que les Français ont la poche bien trop slack.

    Que voulez-vous, les particularités lexicales et autres facéties de la francophonie sont une jungle inextricable. D’ailleurs, quand j’ai eu le malheur de glisser le mot « paquet » dans notre conversation de gosses et de poche, les enfants de mon visiteur étaient certains qu’on attendait la visite du père Noël ! Ce qui a permis de dévier la discussion vers des zones plus familialement acceptables.

    Il a fallu aussi expliquer à mon ami français que le problème de nos routes venait des cycles de gel et de dégel qui accompagnent nos durs hivers avec leur lot de grattes à neige destructrices d’asphalte. Du moins, c’est l’argument bien questionnable qu’on nous sert souvent pour expliquer la piètre qualité de nos routes. Si c’est le cas, se demandent bien des sceptiques, pourquoi les régions canadiennes qui ont les mêmes climats que le Québec ont-elles des routes qui résistent mieux aux aléas hivernaux ? Le mystère est entier et l’indice de rugosité préféré du ministre Laurent Lessard n’y changera pas grand-chose.

    Le Québec est une société qui semble distincte jusque dans la qualité de ses routes.

    Pour preuve, entre la Belle Province et l’Ontario, même si la frontière est physiquement existante, la suspension de la voiture nous rappelle clairement qu’on est arrivé chez nous. Quoique ce printemps, je suis allé à Ottawa et les nids-de-poule y abondent par endroits. Je croyais que la capitale nationale commençait à montrer des signes ostensibles de bilinguisme quand un sage taquin de la place m’a raconté que c’est la mairie qui faisait creuser les trous sur les routes pour que les automobilistes qui arrivent de Montréal ne soient pas trop dépaysés dans leur façon de conduire.

    Puisque les nids-de-poule printaniers font partie intégrante de l’identité de Montréal et de sa couronne, il est tout à fait logique que le rodéo soit au calendrier des fêtes du 375e anniversaire de la ville. Si tu peux faire la ville du nord au sud en auto, il n’y a pas un cheval fou qui brasse assez pour te déstabiliser ! Ici, on en est réduit à conduire en cowboy pour ne pas se ramasser les quatre fers en l’air, pendant que des politiciens bien en selle ont le front de bœuf de nous dire qu’ils prennent le taureau par les cornes quand on voit bien que le diable est aux vaches ! Comme quoi, la vie de bien des Montréalais est déjà bien proche des activités phares du mythique Festival western de Saint-Tite.

    Il n’y a pas qu’à Montréal que les trous abondent, la ville de Longueuil aussi en arrache. Quand on y roule sur certaines routes, ça percute si fort et si rythmiquement qu’on se croirait dans un véhicule de tournée d’un orchestre de djembé de la Guinée. C’est ce pouvoir rythmique des nids-de-poule printaniers sur les carrosseries qui explique peut-être pourquoi Longueuil s’est longtemps positionnée comme la capitale québécoise des percussions.

    Pour éviter que mes gosses ne se maganent trop, je ne prends plus de risques quand je quitte le bungalow au printemps avec eux.

    En plus de leur demander d’attacher leur ceinture, je leur recommande fortement d’arrêter de chanter et de mâcher de la gomme jusqu’à ce que la voiture s’immobilise. C’est la seule façon d’empêcher qu’ils ne se mordent la langue par inadvertance.

    Je suggère d’ailleurs qu’on règle sans tarder le problème des nids-de-poule si on veut survivre comme nation, car ce sera vraiment difficile de préserver le français au Québec si on n’a plus de langue pour le parler.

    Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web.

    Le samedi 22 avril 2017

     

     


  • Commentaires

    2
    Micheline M
    Lundi 8 Mai 2017 à 20:15

    J'ai apprécié cette lecture. Boucar a une façon unique de bien faire comprendre les nos intempéries et l'urgence à réparer ces routes afin qu'elles aient une longue vie.

    Ce Boucar me fait bien rire.

    Bonne idée Yves de nous avoir partagé ce texte.

    1
    Dimanche 23 Avril 2017 à 21:45

    Trop drôle ce Boucar. Vraiment bon texte...Merci Yves



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